Comment on a compté

Cette page existe pour une raison simple : un simulateur qui refuse de montrer son calcul ne vaut pas mieux que le chiffre qu’il conteste. Le moteur est ouvert, il n’a aucune dépendance, il se rejoue en une commande, et chaque barème y renvoie à son texte officiel.
L’ÉTALON
Les taux de cotisation sont vérifiés contre l’API publique du simulateur officiel de l’URSSAF (mon-entreprise.urssaf.fr), interrogée sur sept points de salaire. Les sept tombent au centième. Si un de ces tests casse un jour, c’est le moteur qui a tort, pas l’URSSAF.
- Cotisations patronales au SMIC3,09 %URSSAF, BARÈME 2026, EFFECTIF < 50
- Cotisations patronales à 10 000 € brut43,05 %URSSAF, BARÈME 2026
- Réduction générale dégressive unique au SMIC725,75 €LFSS 2026, LA RGDU REMPLACE FILLON ET SORT À 3 SMIC
- Salaire net médian du privé2 190 €INSEE 2024, NET EQTP
- Salaire où les deux plateaux s’égalisent : périmètre complet, réponses par défaut2 344 €CALCULÉ PAR DICHOTOMIE, MOTEUR/INDEX.JS
- La zone de non-lieu : entre ces deux salaires, l’écart reste sous 10 % du pris et le dossier ne tranche pas2 145 € à 2 611 €BORNESNONLIEU(), MOTEUR/INDEX.JS
- Le même seuil, pension seule en face, sans l’école ni les soins ni le chômage1 493 €PÉRIMÈTRE COMPLET, AUCUN PALIER DÉCLARÉ
CE QUI EST CALCULÉ, ET CE QUI NE L’EST PAS
Défendable au centime : toutes les cotisations ligne par ligne, la RGDU, l’impôt sur le revenu avec décote et quotient familial, l’inversion du net vers le brut, la projection de carrière sur les courbes de salaire par âge de l’INSEE, et le capital équivalent à la pension.
Ce que le moteur refuse de chiffrer tout seul : la santé, l’école et le chômage. Ils portaient des ordres de grandeur sans source opposable, et un lecteur hostile n’avait qu’à demander d’où ils sortaient : ils ont été retirés du calcul. Ils restent nommés, parce que leur absence donnerait prise à « vous avez oublié », mais ils ne comptent que si vous les chiffrez vous-même, aux paliers que le commissaire vous fait choisir. Les prix unitaires de ces paliers, eux, sont sourcés : la DEPP pour le coût par élève et par an, la DREES pour la dépense de santé remboursée par tranche d’âge, l’Unédic pour l’allocation mensuelle. Le poste retraite, lui, est calculé.
La carrière n’a pas la même forme partout. Le salaire ne reste pas figé pendant quarante-trois ans : il suit une courbe par âge, et cette page en utilise six, une par régime. Le privé et les trois versants de la fonction publique viennent des séries longues de l’INSEE, salaires nets annuels moyens par tranche d’âge. Les non-salariés viennent d’une autre publication de l’INSEE, la base Non-salariés, qui sépare les indépendants « classiques » des micro-entrepreneurs. Aucune ne ressemble aux autres : la territoriale est nettement plus plate que le privé, l’État plus pentu, et la courbe du micro-entrepreneur descend à partir de trente-cinq ans quand toutes les autres montent. Servir la courbe du privé à tout le monde, ce que faisait cette page jusqu’au 9 septembre 2026, faussait la pension d’un fonctionnaire, qui se calcule sur son traitement de fin de carrière, et surestimait de 14 % ce qu’un micro-entrepreneur verse sur une vie.
Ce que les courbes des non-salariés ne savent pas faire. Elles ne sont pas en équivalent temps plein, contrairement à celle du privé : l’INSEE écrit que ce revenu « n’est pas rapporté à la durée d’affiliation dans l’année ». Les âges où les années incomplètes sont fréquentes, les plus jeunes et les plus âgés, sont donc tassés vers le bas, et aucune version en équivalent temps plein n’existe nulle part. Elles ne distinguent pas non plus l’artisan du commerçant ni du libéral : l’INSEE ventile par secteur d’activité, jamais par catégorie de régime, si bien que l’indépendant au réel et le libéral partagent ici la même courbe.
Deux conventions, et elles sont de nous. La fonction publique n’est publiée qu’en six tranches d’âge, jamais au quinquennat : les points sont posés au milieu de chaque tranche. Et la dernière tranche, « 60 ans et plus », est plafonnée : elle mesure une population à un instant, pas une carrière suivie, et dans l’hospitalière elle est tirée par les praticiens hospitaliers, qui n’ont rien à voir avec le reste du versant. Au-delà de 55 ans, la progression retenue est donc celle, très plate, que la courbe du privé applique déjà pour la même raison. Sans ce plafond, un agent hospitalier se verrait annoncer une pension de 2 049 € au lieu de 1 614 €.
L’objection la plus sérieuse, et elle a gagné. Du 8 au 15 septembre 2026, le verdict ne comparait pas ce qui a été pris à ce qui a été rendu : il comparait ce que l’argent pris serait devenu, placé, à ce qui a été rendu. C’est un raisonnement en coût d’opportunité, et l’économiste Antoine Bozio, de l’Institut des politiques publiques, l’a démonté en une image : traiter une cotisation en préjudice parce qu’on aurait pu la placer, c’est traiter une prime d’assurance automobile en préjudice. Une cotisation vieillesse achète une rente ; une cotisation maladie achète le droit d’être soigné sans payer. Ce ne sont pas des sommes qu’on aurait pu garder.
Ce qu’on en a fait. Le verdict se lit désormais sur les deux plateaux, pris contre rendu, et rien d’autre. Le placement reste affiché, sous le verdict, nommé comme le scénario qu’il est : il suppose qu’on place quarante-trois ans de suite la totalité du prélèvement, santé, famille, impôt et TVA compris, sans jamais y toucher. Changez d’enveloppe, ce scénario change ; l’issue, elle, ne bouge pas. Au salaire médian, ce qui est rendu dépasse ce qui est pris, et le dossier prononce un non-lieu : il l’écrivait « coupable » tant que le placement décidait.
Ce que le plateau de droite ne contient pas. Quatre lignes : la pension, l’école suivie, les soins remboursés, le chômage indemnisé. Il manque donc la police, la justice, les routes, l’armée, la recherche, l’école des enfants, les allocations familiales, les aides au logement, la prime d’activité, les indemnités journalières, l’invalidité et la dépendance, alors que les cotisations et les impôts qui les financent sont, eux, comptés à gauche. Le dossier est à charge sur ce point et il l’assume : il compare ce qui part à ce qui revient à la personne. Quand on compte aussi les services publics, l’INSEE trouve que 56 % des personnes reçoivent plus qu’elles ne contribuent (Insee Analyses n° 118, avril 2026, données 2023) : mesure annuelle sur toute la population, enfants et retraités compris, là où cette page suit une carrière de quarante-trois ans. Les deux sont vraies.
Le salaire ne reste pas figé, et c’est ce qui sépare ce calcul d’une multiplication. Multiplier un prélèvement mensuel par quarante-trois ans fait gagner à quelqu’un de vingt-deux ans le salaire qu’il aura à quarante. Sur le cas médian, cette méthode rend environ 20 % de plus que la nôtre, sur un périmètre pourtant plus étroit puisqu’elle ignore les taxes à la consommation. Les six courbes de carrière décrites plus haut existent pour cette raison, et l’écart qu’elles produisent joue contre le montant que cette page annonce.
Le taux d’effort de TVA suit la courbe du Conseil des prélèvements obligatoires par décile de niveau de vie, rapportée au revenu disponible : 12,5 % pour le premier décile, un plateau autour de 8 % du deuxième au neuvième, puis 4,7 % pour le dernier. Le dénominateur tranche le débat et il est affiché : rapportée à la consommation et non au revenu, la même TVA est plate, et même légèrement progressive.
Provenance inégale, et on le dit : le rapport ne chiffre que le premier et le dernier décile ; le deuxième est imprimé dans un rapport ultérieur du même conseil ; les sept du milieu n’existent que sous forme de graphique et ont été lus dessus. Deux approximations restent, en sens contraire : le conseil classe des ménages par niveau de vie quand cette page ne connaît que le salaire d’une personne, et nous ne disposons que de trois bornes de la distribution des salaires, le premier décile, la médiane et le neuvième. La série date enfin de l’enquête Budget de famille 2011 ; l’estimation INSEE la plus récente décrit une courbe plus plate, donc ce dossier retient l’hypothèse la plus sévère des deux.
L’UNITÉ : DES EUROS D’AUJOURD’HUI
Tout est en euros constants, inflation corrigée. Ce n’est pas un détail de présentation, c’est le piège méthodologique numéro un de ce type d’outil : additionner quarante ans de cotisations en euros courants gonfle le total de plusieurs dizaines de pour cent sans que rien ne le signale. Aucun chiffre de ce site n’est un cumul nominal.
LE DÉNOMINATEUR, ET POURQUOI ON DONNE LES DEUX
Un même prélèvement change de taille selon ce à quoi on le rapporte. Au coût employeur, c’est-à-dire à ce que le travail coûte, il paraît énorme : c’est le dénominateur qu’emploient les publications qui militent pour la baisse des prélèvements. Au net qui arrive sur le compte, il paraît plus petit. Les deux sont vrais. Le dossier montre les montants en euros, sur toute la carrière, et non en pourcentage d’une base choisie : c’est la seule façon de ne pas trancher le débat par le cadrage.
Même règle sur la TVA : elle est régressive rapportée au revenu disponible, à peu près proportionnelle rapportée à la consommation. Le paramétrage tranche le débat, donc le paramétrage s’affiche.
LE VERDICT SE JUGE SUR LE COÛT D’OPPORTUNITÉ
Le tribunal ne compare pas ce qui a été pris à ce qui a été rendu : il compare ce que l’argent pris serait devenu, placé là où la personne dit qu’elle l’aurait mis, à ce qui a été rendu. Chaque année de carrière, le prélèvement du périmètre coché est capitalisé au taux réel du placement choisi, frais compris, jusqu’à 64 ans. En face : le capital équivalent à la pension jusqu’à 85 ans, plus l’école, les soins et le chômage aux paliers déclarés.
L’enveloppe par défaut est le fonds en euros, ce que la moitié des Français détient, sans frais : un simulateur qui ouvrirait sur le rendement le plus flatteur ne mesurerait plus rien, il vendrait une conclusion. Les taux sont RÉELS, inflation retirée, parce que tout le dossier est en euros d’aujourd’hui ; le Livret A est négatif, et ce n’est pas une provocation.
- Livret A-0,24 % réelTAUX MOYEN SUR QUINZE ANS
- Immobilier en France1,97 % réelPRIX RÉELS SUR QUARANTE ANS, HORS LOYERS
- Fonds en euros0,75 % réelTAUX MOYEN SERVI EN 2025
- MSCI World7,11 % réelGROSS RETURN 1987-2026
- S&P 500 dividendes réinvestis6,77 % réelDAMODARAN, NYU STERN, 1928-2025, EN DOLLARS
- CAC 40 dividendes réinvestis7,40 % réelAMF, 1988-2023
LE CAS DU FONCTIONNAIRE, ET LE CHIFFRE QU’ON NE DOIT PAS LIRE DE TRAVERS
Le fonctionnaire cotise sur une assiette amputée : les primes, un quart du brut en moyenne, sont hors de l’assiette de pension. Il retient donc deux points de moins qu’un salarié du privé, et son employeur verse beaucoup plus.
- Retenue pour pension, sur le seul traitement indiciaire11,10 %ART. L61 CPCMR ; DÉCRET 2010-1749 MODIFIÉ
- Contribution employeur au CAS Pensions, État82,28 %DÉCRET 2025-1341 DU 26/12/2025
- Contribution employeur CNRACL, territoriale et hospitalière37,65 %DÉCRET 2025-86 ; 40,65 % EN 2027, 43,65 % EN 2028
- Taux employeur comparable dans le privé, tel que le COR le pose16,67 %COR, RAPPORT ANNUEL JUIN 2026, P. 17
Ces taux ne se comparent pas, et c’est le COR qui l’écrit. La contribution publique « ne résulte pas d’une générosité plus importante du régime public » et « ne peut pas être comparée à la contribution des employeurs du secteur privé ». Elle mesure une démographie : 1,29 cotisant par retraité contre 2,25 au régime général. Le taux qui financerait les seuls droits, hors invalidité et départs anticipés, serait de 34,7 %. La page affiche cet avertissement à côté du chiffre, pas en note de bas de page.
Dans l’autre sens : un employeur public ne cotise pas au chômage, il s’auto-assure. Le coût existe et ne figure sur aucune ligne, ce qui biaise la comparaison des parts patronales EN FAVEUR du public. La contrepartie chômage disparaît donc aussi du second plateau, plutôt que d’être portée au crédit de quelqu’un qui ne l’a pas payée.
Enfin, le taux de remplacement retenu est celui que le COR PROJETTE pour la génération 2000, comme pour le salarié du privé. Le taux réellement OBSERVÉ, lui, ne montre presque aucun écart entre public et privé : 73,8 % contre 74,8 % pour la génération 1950 à carrière complète. Les deux chiffres sont vrais et ne mesurent pas la même chose.
CE QUI RESTE OUVERT
- Les entreprises de cinquante salariés et plus. Le moteur trouve 0,45 point de moins que la ligne de synthèse d’un rapport de référence, soit exactement l’écart de contribution à la formation professionnelle. Les sept points de la table des moins de cinquante tombent au centième, donc le doute porte sur la ligne de référence. L’application reste sur l’effectif inférieur à cinquante en attendant. Le moteur sait calculer les deux : l’écart pèse 1,4 % du total prélevé, soit environ 11 500 € sur une carrière au salaire médian.
- Deux décrets se contredisent sur le taux du micro-entrepreneur. Le décret 2024-484 programmait 26,1 % de cotisations en 2026 pour les prestations libérales, et beaucoup de sites le répètent encore ; le décret 2025-943 a réécrit l’article D613-4 du code de la sécurité sociale avant cette entrée en vigueur, et la valeur applicable est 25,6 %. Nous retenons le texte en vigueur.
- Les trimestres de retraite d’un micro-entrepreneur. L’URSSAF ne publie plus de chiffre d’affaires minimal par trimestre, sauf pour la CIPAV (2 792 € en 2026). Pour tous les autres, seule la formule de la circulaire Cnav est officielle : nous l’appliquons et nous présentons le résultat comme calculé, pas comme un seuil publié.
- Deux sources officielles se contredisent sur le barème CIPAV. L’URSSAF publie 8,73 % de retraite de base et 11 % puis 21 % de complémentaire ; la fiche pratique 2026 de la CIPAV elle-même annonce 8,23 %, puis 9 % et 22 %. Aucune des deux ne mentionne l’autre. Nous retenons l’URSSAF, parce que c’est elle qui recouvre ces cotisations depuis 2023 et que ses taux sont ceux du décret 2024-688. Un libéral qui compare avec sa fiche CIPAV verra donc un écart, et il aura raison de le signaler : c’est écrit ici pour qu’il sache d’où il vient.
- Les points de retraite de base d’un libéral. La CIPAV publie dans la même phrase un ratio d’un point pour 89,71 € de revenus et un plafond de 557 points, or les deux ne se réconcilient pas : au plafond de la tranche, le ratio ne rend que 536 points. Nous appliquons les deux tels qu’ils sont publiés plutôt que d’en corriger un pour faire tomber l’autre juste. La pension de base s’en trouve minorée d’environ 4 %.
- L’étalon de l’indépendant n’est pas celui du salarié. Le simulateur officiel de l’URSSAF sert encore l’ancien barème pour ce régime, alors que la réforme de l’assiette unique s’applique depuis avril 2026. Sa table de référence est donc reconstruite depuis le barème opposable, article par article, et vérifiée sur quinze points de revenu.
- L’artisan, le commerçant et le libéral partagent une courbe. L’INSEE ventile le revenu des non-salariés par âge, et séparément par secteur d’activité, mais il ne croise jamais les deux au-delà de quatre tranches d’âge et sept secteurs, sur une partition qui n’est pas celle des régimes. Plutôt que de faire correspondre à la main des secteurs à des catégories, l’indépendant au réel et le libéral reçoivent la même courbe, celle des non-salariés « classiques », à laquelle ils appartiennent tous les deux. Le micro-entrepreneur, lui, a bien la sienne.
- Ce que la santé, l’école et le chômage vous ont rendu. Le moteur ne leur donne aucun montant tant que personne n’a répondu, et ce n’est pas un oubli. Le parcours, lui, présélectionne une réponse moyenne (jusqu’au bac, une santé comme tout le monde, six mois de chômage) pour qu’un dossier ouvert sans rien cocher reste lisible : ces réponses se changent d’un clic, et le verdict change avec. Pour la santé et le chômage, aucun organisme ne publie ce qu’une vie reçoit : ni la DREES, ni la Cnam, ni l’Unédic, ni le COR, ni l’OCDE. Pour l’école, un cumul existe, et nous ne l’utilisons pas : la DEPP a chiffré une scolarité complète à 114 460 € jusqu’au bac et 168 300 € jusqu’au master, mais c’était en 2012 sur des données 2011, la série est arrêtée depuis, elle compte tous les financeurs et non la seule dépense publique, et la note précise elle-même qu’il s’agit de coûts « instantanés », c’est-à-dire vingt années facturées au tarif d’une seule. Ces trois postes ne comptent donc que si vous les chiffrez vous-même, aux paliers. Quelqu’un qui traverse le parcours sans y répondre voit un braquage plus lourd que le sien.
- Les prix du convertisseur d’objets. 13 entrées attendent encore leur relevé officiel. L’absurdité doit venir de la quantité, jamais du prix unitaire : c’est le seul chiffre de cette page que le lecteur peut vérifier de tête.
Trois règles ont présidé à tout le dossier. On concède ce qui est juste chez la partie adverse, parce que ne pas concéder ferait de cette page un tract. On ne source jamais sur un essai, seulement sur des organismes publics. Et on ne touche pas au terrain personnel : on reste sur les chiffres.
PIÈCES VERSÉES AU DOSSIER : URSSAF, DGFiP, INSEE, COR, DREES,
BANQUE DE FRANCE · BARÈMES 2026. MÉTHODE ET MOTEUR PUBLICS.